jeudi 27 juin 2013

TOUT NOUVEAU, TOUT MIGNON, TOUT BEAU!

POUMA, un quart d'heure de vie et Cigale
Ce matin, pas trop bien réveillée, une fin de mois de juin avec un temps d'automne, me voici partie nourrir les ânes et nettoyer les boxes ... quelques heures d'exercice physique qui ont habituellement pour effet de me remettre d'aplomb.
Presque tous les ânes étaient à l'extérieur; je m'affairais depuis une bonne demi-heure, ayant pour seule compagnie nos futures mamans que nous avons retirées du troupeau depuis quelques jours.
Au moment de les envoyer prendre l'air dans leur enclos spécialement réservé, je remarquai que Cigale, contrairement à son habitude,  ne s'empressait pas d'aller rejoindre ses compagnes. Elle me fixait avec ses immenses yeux bruns, semblant me supplier de la comprendre. Bien que la naissance fut prévue pour le 07 juillet, quelques signes discrets commençaient à nous alerter depuis plusieurs jours mais en l'examinant, je compris en un clin d'oeil que la mise bas était imminente.
Alors là ... je crois avoir battu le record mondial du nettoyage de box; pelle, râteau et brouette ont littéralement voltigé pour renouveler en un tour de main la litière qui devait accueillir l'heureux évènement. À peine ai-je eu le temps d'installer l'épaisse couche de paille fraîche au sol que Cigale s'est couchée semblant attendre impatiemment ce moment pour enfin libérer son corps d'une insoutenable pression. Mais pas une seule litière, même la plus douillette, ne peut atténuer les puissantes contractions ressenties au plus profond des entrailles; le souffle bruyant, grimaces et dents serrées, le corps crispé, Cigale pousse puis se relève attendant la prochaine salve de contractions de plus en plus douloureuses pour se coucher à nouveau, positionnant son corps pour une expulsion prochaine.
Trois quart d'heure environ pour voir pointer une première patte puis une deuxième ... ouf ... un beau gros nez blanc ne tarde pas à suivre, mais Maman fatiguée n'a plus de force et peine à libérer ce nouveau petit être à moitié sorti du ventre bienveillant, d'abord inerte puis montrant pour mon plus grand bonheur des signes de vie déjà vigoureux! Encore quelques poussées et un peu d'aide, le petit tout ébaubi se retrouve sur le lit de paille, prenant peu à peu conscience de son nouvel environnement. Régulièrement quelques museaux inquisiteurs ont pointé par dessus la cloison mitoyenne. Le nouveau venu est accueilli par un concert de braiements; Bonita a donné  la note, reprise en choeur par la moitié du troupeau. Et je suis, comme à chaque naissance, profondément troublée par cet étrange comportement.
Poussé par son instinct et stimulé par sa douce mais énergique Maman, l'ânon tente bien vite de se lever, d'abord pataud - difficile de coordonner quatre si longues pattes - puis trouve très vite assez d'équilibre et de forces pour partir à la recherche du pis nourricier. Le but est finalement atteint! Maintenant, je peux relâcher mon attention.
Oh, douce Cigale, qui a eu la bonne idée de mettre bas en plein jour - chose rare - m'épargnant ainsi quelques nuits de veille et me permettant de savourer tout à loisir et les yeux bien ouverts ce magnifique cadeau de la vie.

Au fait, vous voulez connaître son nom? POUMA!


POUMA,  2 heures de vie